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Après SIX Payment Services et UBS, Be Cash lance une offre de terminal de paiement mobile. Cette alternative aux terminaux classiques béneficie à tout le monde, sauf au cash.

Moins chers, adaptés à un moindre volume de transactions que les terminaux de paiement classiques (les TPE), les terminaux mobiles (mPOS), ou mini-terminaux, prolifèrent en Suisse. Le succès de cette nouvelle génération de terminaux de paiement par carte bancaire est indissociable de celui des smartphones et des tablettes, qu’ils transforment en véritables caisses enregistreuses. Ils changent la vie quotidienne de nombreux professionnels: petits commerçants, artisans, professions libérales, fondations, associations, avocats, livreurs de pizzas, taxis, PME.

Point commun à toutes ces professions: elles n’engrangent pas assez de transactions par jour pour que l’achat ou la location d’un TPE soit rentable. Avec un mPOS, elles bénéficient d’un terminal mobile, qu’il soit couplé avec leur téléphone (en Bluetooth), donc sans abonnement supplémentaire dans ce cas, ou non. Quant au prix d’achat, il se comptabilise en centaines de francs, sans engagement contractuel. Soit près de dix fois moins qu’un TPE, qui lie généralement pour plusieurs années le commerçant. Lequel peut préférer la location, soit 60 à 100 francs par mois, s’il n’a pas assez de visibilité sur la pérennité de son activité. Auquel cas il aura payé entre 5000 et 10 000 francs au total. Une solution que les entreprises qui démarrent leur activité, quelque 12 000 en Suisse par an, ne peuvent se payer. Et ce d’autant moins que ces dernières, à l’instar de petits commerçants et indépendants, facturent peu. Le tarif des transactions, enfin, est comparable à ceux couramment pratiqués dans l’industrie: 2,5% pour les règlements par carte de crédit, 1,5% pour ceux avec une carte de débit.

Les avantages de ces nouveaux équipements pour les commerçants se traduisent en opportunités de fidélisation des clients. Le client n’est pas en reste, qui peut payer dès le premier franc en carte, dans des conditions de sécurité et de confort – un ticket de paiement – parfaitement égales à celles d’un terminal classique.

«L’introduction du mPOS en Suisse est une révolution comparable à celle des taxis Uber», commente Malik Khalfi, cofondateur de la start-up vaudoise Be Cash, qui vient de mettre sur le marché le terminal myPOS. Le dirigeant entend «bousculer l’oligopole dans un pays où l’on est à des années-lumière des évolutions majeures qui transforment l’industrie du paiement».

Un objectif pas des plus faciles si l’on considère les difficultés que doit surmonter tout nouvel entrant dans ce secteur. Lesquelles sont principalement liées à la sécurité des transactions ainsi qu’à leur bonne et rapide exécution. Sécuriser les paiements pour gagner et retenir la confiance des consommateurs d’abord. Egalement pour éviter les fraudes qui pénalisent le commerçant – il assume la charge du remboursement et il est mal vu par les émetteurs de cartes, Visa, MasterCard, etc. Pour finir, il faudra convaincre une institution financière agréée (un acquéreur) pour effectuer le traitement des transactions (processing), c’est-à-dire leur transmission vers la banque du compte de l’acheteur (émettrice) et collecte des fonds correspondants. Rien d’étonnant dès lors à ce que SIX Payment Services, qui peut compter sur sa plateforme, ait été parmi les premiers à lancer une offre de mPOS: mCashier. UBS a fait de même avec son partenaire Sum Up et l’acquéreur Aduno. Be Cash a pu lancer son offre grâce à un partenariat avec un acquéreur basé au Luxembourg.

Avec cette concurrence accrue, c’est tout le paysage du paiement – 5 milliards de francs par année –qui est susceptible de changer en Suisse, «où plus de 50% des paiements sont effectués en espèces, alors que les pays scandinaves ont près de 90% de paiements par carte», explique le porte-parole du groupe SIX, Jürg Schneider, qui salue l’accélération de la diffusion des moyens de paiement par carte. D’autres pays, tels l’Italie, favorisent activement l’adoption des mPOS pour favoriser la transparence fiscale. S’il est trop tôt pour dresser un bilan, «les premiers résultats sont positifs», note le responsable de SIX, sans donner de chiffres précis.

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