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COPPET La PME Be Cash veut bouleverser le marché des terminaux de paiement. Une aubaine pour les commerçants.

Régler n’importe quel achat au moyen d’une carte est devenu un geste courant. Par conséquent, qui veut ouvrir un commerce aujourd’hui peut difficilement se dispenser d’un terminal de paiement. Or, son acquisition est souvent très coûteuse. Mais, grâce aux nouvelles technologies, des machines plus ergonomiques et à des prix défiant toute concurrence affluent sur le marché. C’est le cas des modèles proposés depuis le début de l’année par la start-up Be-Cash, basée à Coppet. «Nous vendons des terminaux à moins de 100 francs, alors que les plus gros acteurs du secteur vendent les leurs entre 2’000 et 3’000 francs, lance Malik Khalfi, directeur et cofondateur de cette PME née en 2014. Nous venons donner un grand coup de pied dans la fourmilière et mettre fin à un oligopole.» Ce dernier n’hésite pas à parler de révolution semblable à celle engendrée par Easyjet dans le domaine de l’aviation.

 

Un saut technologique

Si notre entrepreneur peut ainsi casser les prix, c’est grâce à l’avènement d’un instrument qui a envahi nos vies: le smartphone. Il y a deux ans, la société américaine Square créait un dispositif permettant de transformer son téléphone ou sa tablette en terminal de paiement mobile. Depuis, d’autres sociétés se sont engouffrées dans la brèche à l’instar de l’Allemande SumUp, qui s’est alliée à UBS l’an dernier. «Mais le marché peine encore à adhérer à ce type de produits, car il nécessite de posséder un téléphone portable et de le laisser entre les mains de ses collaborateurs», estime Malik Khalfi. Raison pour laquelle il a privilégié le modèle des terminaux de paiement autonomes en se fournissant auprès d’un constructeur luxembourgeois. A la différence des machines classiques, celles vendues par la PME copétane sont connectées au réseau de téléphonie mobile et au wi-fi. Un système qui permet de débiter instantanément le compte du client. «Avec un terminal classique, il faut souvent attendre plusieurs jours. Un problème pour les petites sociétés, qui veillent de près à leur trésorerie. Au point que certaines refusent de faire des factures de rappel pour de faibles montants, car cela leur coûte trop cher!»

 

Viser les petits patrons

Mais, comment la société compte-t-elle engranger des recettes, si elle ne produit pas elle- même ses machines? «Nous percevons de l’argent uniquement sur les transactions: 2,5% sur les cartes de crédit et 1,5% sur les cartes de débit.» Autrement dit, la société doit générer un important volume d’affaires pour être rentable et profitable. Pas de quoi effrayer ce Xavier Niel du terminal mobile. «Environ 40 000 sociétés se créent chaque année en Suisse. Nous voulons démarcher de petits entrepreneurs, comme les techniciens à domicile. Et nous visons aussi les associations ou autres clubs sportifs, qui n’auraient plus à encaisser les cotisations de leurs membres en cash.» Pour conquérir rapidement ce marché, il espère distribuer ses produits dans les grandes surfaces à compter de cet été. Quoi qu’il en soit, les consommateurs de demain ne recourront plus guère qu’à de la monnaie électronique, comme le suppose l’avènement du paiement sans contact. En effet, la plupart des cartes en circulation sont déjà dotées d’une puce qui, par un simple passage devant un terminal, permettent d’effectuer directement une transaction. De quoi inciter les commerçants à recourir toujours plus à des instruments mobiles. Un changement de paradigme qu’a bien perçu Be-Cash, au même titre que les gros acteurs du secteur, d’ailleurs. Les sociétés SIX, Aduno ou encore CCV, à Gland, ont ainsi lancé ou s’apprêtent à le faire, des solutions analogues à celles du petit Poucet de Coppet.

Article: Daniel Gonzalez (daniel.gonzalez@lacote.ch)
Photo: C. SANDOZ

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